top of page
  • Gabrielle

Le souffle-voix n'est pas un cours de chant

Dernière mise à jour : 23 août 2022


Le souffle-voix pose les bases du travail vocal

Pour les chanteurs et les orateurs, il est complémentaire de la technique vocale. C'est un apprentissage de la respiration consciente et non-volontaire.


Quand je pratique, j'écoute ma voix en tant que témoin de ma respiration. J'entends (et je ressens) si je respire librement, pleinement, et si mon souffle a une direction juste, s'il est ancré dans mon sacrum, si la colonne d'air est libre.


En cours de technique vocale, j'ai souvent entendu : "projette ta voix". Et c'était terrible de m'inciter à cela sans au préalable m'apprendre à respirer consciemment sans tension. Car alors je forçais, sans avoir compris comment prendre appui dans mon corps. Je risquais d'abimer mon instrument. Ma voix se fatiguait vite. Et mon chant n'était ni agréable à produire, ni agréable à entendre.

Et quand on me disait : "gonfle ton ventre" ça ne réglait rien du tout. Mon diaphragme et ma cage thoracique étaient bloqués, je n'avais que très peu d'amplitude à l'inspire. C'est comme si vous demandiez à une personne raide comme un bâton de faire d'un coup le grand écart, sans jamais lui montrer les mouvements pour s'assouplir. Donc comme une bonne élève je gonflais mon ventre et aspirais de l'air dans l'estomac ! Sans parvenir à ouvrir ma cage pour laisser mes poumons se remplir d'air.


Notre corps, notre instrument

Nous pourrions comparer notre corps à une cornemuse. C’est très bien de développer sa maîtrise de l’harmonique en cours de technique vocale. Mais si je ne sais pas me servir de mon "sac", je produis des sons qui manquent de soutien, de puissance, de nuance, voire de justesse.

Sans cette maîtrise du "sac", sans cet ancrage du souffle dans le corps, notamment au niveau du bassin et du sacrum, je chante grâce, ou à cause de mes tensions musculaires. Pour déployer ma voix, il me faut respirer de façon consciente, mais sans tension.


Comprendre et ressentir le mouvement respiratoire

Changer son geste respiratoire demande de bien comprendre et ressentir la dynamique dans le corps. Cela implique de connaître au moins un peu d'anatomie. Or je constate que la plupart d'entre nous ignore tout de ce qui intervient dans la respiration.

On a même oublié ce que cela faisait que de respirer librement.


Retrouver une respiration ample et apaisante

Nous avons des vies assez stressantes. Et 90 % des gens que je croise, respire du haut du corps, grâce aux muscles respiratoires secondaires. Or ces muscles ne devraient s'activer qu'en situation de stress ou d'effort physique intense. C'est dire si ce type de respiration entretient, en cercle vicieux, notre état de stress.

Notre diaphragme thoracique est trop souvent bloqué.

Avec le souffle-voix, on réapprend à respirer comme un bébé, en relâchant le haut du corps. D'ailleurs Serge Wilfart, qui a fondé la méthode, parle aussi de retrouver le cri du bébé : c'est l'indicateur d'une libération de la respiration. Et c'est aussi le cri qui libère. Donc bonne nouvelle pour ceux qui cherchaient une thérapie du cri : en souffle-voix on va chercher le cri qui libère les tensions. Ça fait partie des trucs que j'adore dans cette pratique : c'est quand on s'autorise à dépasser certains de nos conditionnements culturels (quand on est bien élevé, on ne crie pas !), qu'on peut libérer nos tensions physiques.

bottom of page